Discours

20e anniversaire du Centre de liaison des associations féminines jurassiennes

Camarades,

Nous sommes face à une échéance importante et les enjeux sont extrêmement sérieux.

Albert Camus, en recevant le prix Nobel de littérature affirme en 1957 " Chaque génération,
sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas.
Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde ne se
défasse."

Etre une femme, un homme de gauche, être socialiste, ce n'est pas tant une question de
génération mais bel et bien une question de valeurs à défendre, c'est être résolument du côté
de celles et ceux qui construisent (cf programme politique du PSJ) et qui résistent pour que le
monde ne se défasse pas.

Tout comme moi, vous entendez peut-être dire que les différences entre partis ont tendance à
s'estomper, qu'une fois élus, on tire tous à la même corde, etc.

Camarades, être de droite ou de gauche ce n'est pas du tout la même chose, être deux
socialistes au Gouvernement, ça compte et je me réclame fièrement de cet héritage socialiste
qui a voulu et construit un Etat fort pour que chacune et chacun puisse vivre dignement.

On nous reproche, à nous socialistes d'être dogmatiques et conservateurs. Et bien si être
conservateur, c'est se mobiliser pour une école de qualité et un système de bourses d'études
ambitieux, pour l'égalité entre femmes et hommes et en particulier sur le plan salarial, pour
des salaires décents dans tous les domaines d'activité, pour une politique sociale et de santé
qui assurent des prestations de qualité, pour une politique de la jeunesse, une politique
culturelle, une politique environnementale ambitieuse et bien je veux bien passer pour
conservatrice.

En d'autres mots, si pour Alphonse Allais "Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile est une
volupté de fin gourmet", vous comprendrez que pour une socialiste convaincue c'est aussi un
plaisir de gourmet que de passer pour une prétendue conservatrice aux yeux de personnes
que je considère comme rétrogrades, pour le moins dans ce type de raisonnement.

A mes yeux, la reconquête du pouvoir par le Parti libéral vise à coup sûr un siège socialiste.
En effet, les attaques sont clairement dirigées contre les deux ministres socialistes. On ne
peut pas être angélique et se contenter d'observer.
Si nous ne confirmons pas notre position au Gouvernement et ne la renforçons pas au
Parlement, ce sera certes grave pour le Parti socialiste qui depuis de nombreuses années
progresse dans le Jura et en Suisse romande (même Berne tout récemment). Toutefois ce
qui importe avant tout ce sont les conséquences pour les jurassiennes et les jurassiens et je
sais de quoi je parle car je sais à quel point cela a compté dans ma vie que de pouvoir
bénéficier de prestations de l'Etat et dans mon activité d'assistante sociale pendant plus de 10
ans, j'ai pu mesurer l'importance des assurances sociales et des prestations d'aide sociale.


On veut faire autrement, mais c'est un peu court quant on ne dit pas ce qu'on veut faire,
comment et avec quels moyens. La réalité ce sera l'obsession de l'équilibre budgétaire, la
course aux baisses fiscales, le désengagement de l'état dans de nombreux dossiers.

La réalité c'est aussi la droite qui a voté le budget 2006 avec une diminution de la masse
salariale de 1 % dans la fonction publique et le domaine de l'enseignement tout en affirmant
ne pas vouloir de baisse salariale, ni de licenciement et qui en parallèle n’a pas le courage de
proposer des prestations à supprimer... chercher la cohérence alors que le 17 janvier, un
député libéral-radical écrit dans le QJ par rapport aux difficultés constatées par le
Gouvernement de suppression de postes je cite " Ce constat d'impuissance est aussitôt relayé
par la nouvelle présidente du Gouvernement. Inaugurant son mandat par quelques platitudes
appuyées, l'ancienne militante de base devenue égérie d'un quintette plus cacophonique
qu'harmonique, explique doctement qu'il n'est pas possible de mettre en œuvre simultanément
des mesures structurelles et des actions ponctuelles". Et bien j'assume volontiers les
platitudes et ma musique de gauche...

Ne nous laissons pas donner de leçons, Celles et ceux qui parlent de lugée pour le parti
socialiste se trompent de saison, se trompent de cible et il nous appartient de nous mobiliser,
de voter compact au premier tour et de confirmer la victoire acquise voici quatre ans !



Elisabeth Baume-Schneider

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Seul l'exposé oral fait foi

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